La France a un statut assez spécial vis à vis du conflit istraelo-palestinien. Elle est le seul pays d’Europe occidentale à concentrer simultanément la plus grande communauté juive du continent (environ 500 000 personnes), dont une large partie entretient des liens familiaux directs avec Israël et la plus grande communauté musulmane ( 5 a 6 millions), avec une surreprésentation de populations d’origine maghrébine dont les familles ont traversé la colonisation française.
Cette configuration signifie que chaque escalade militaire au Proche-Orient produit des résonances immédiates sur le territoire français. Le SPCJ a enregistré 1 676 actes antisémites en France pour la seule année 2025, soit une hausse de 284% par rapport à 2022. Ces pics coïncident systématiquement avec les regains de tension au Proche-Orient phénomène documenté depuis la Seconde Intifada de 2000-2005. Simultanément, les actes islamophobes suivent la même logique de corrélation avec l’actualité proche-orientale. Le conflit ne reste pas au Proche-Orient. Les conséquences de ce conflit traversent la Méditerranée et s’installent dans l’espace publique( je doute que tu sois juif ou musulman mais ça t’impacte en quelque sorte).
Pour comprendre pourquoi ce conflit résonne si fort en France, il faut jeter un coup d’œil à l’histoire colonial du pays. Il est de savoir commun que la France a administré en l’Algérie de 1830 à 1962, en faisant un département français peuplé de colons européens au détriment d’une population autochtone progressivement dépossédée de ses terres. La politique de peuplement colonial en Algérie présente des analogies structurelles avec ce que des juristes, notamment des rapporteur spéciaux de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés, ont qualifié de régime d’apartheid en Cisjordanie.
Pour des millions de Français dont les familles ont vécu cette histoire de l’intérieur. Cette histoire coloniale fait que ce qui qui se passe en Palestine s’éloigne de l’abstrait pour la majorité des français. ( Je pense que c’est important de noter ce point, c’est absolument pas parcrque je suis algérienne).
Maintenant je vais parler des conséquences économiques, pour cela je vais commencer par mentionner la déstabilisation des routes commerciale et son impact sur les prix. C’est probablement l’effet le plus concret et le plus immédiat du conflit sur la vie quotidienne d’un jeune Français. Depuis novembre 2023, les Houthis yéménites, en solidarité déclarée avec Gaza, ont lancé des attaques répétées contre des navires commerciaux transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab-el-Mandeb; détroit qui est l’un des goulets d’étranglement les plus stratégiques du commerce mondial. Normalement, environ 10% du commerce maritime international y transite, représentant quelque 1 000 milliards$/ an de marchandise. Il constitue notamment le passage obligé entre l’Asie et l’Europe via le canal de Suez.
Face à ces attaques, les grands armateurs Maers, CMA CGM, qui est une entreprise française ont massivement dérouté leurs navires vers le cap de Bonne-Espérance, au sud de l’Afrique. Ce détour représente 10 à 14 jours de navigation en plus et une augmentation des coûts de fret de 150 à 300% selon les routes.
Par conséquent, les délais de livraison s’allongent sur les produits manufacturés importés d’Asie. Les coûts de transport répercutés sur les prix de vente alimentent une inflation sur des biens de consommation courante dans un contexte où le pouvoir d’achat des jeunes actifs et étudiants est déjà structurellement fragilisé.
Le Proche-Orient concentre une part décisive des réserves mondiales d’hydrocarbures. L’Iran , qui soutient directement le Hamas, le Hezbollah libanais et les Houthis yéménites, formant ce que Téhéran appelle l’axe de la résistance”est le troisième producteur de pétrole mondial. Toute soucis régionale susceptible d’impliquer directement l’Iran produit des tensions immédiates sur les marchés pétroliers. Et tu n’est pas sans savoir que la guerre en Iran a été largement influencée par Israël.
En octobre 2023, le prix du baril de Lorsqu’Israël a frappé le territoire iranien en avril 2024, et que l’Iran a riposté en lançant plus de 300 drones et missiles vers Israël , une première historique, les marchés ont réagi immédiatement avec une augmentation folle sur le pétrole. Et ça ne fait qu’empirer…
Pour un jeune Français qui prend sa voiture, paye ses factures d’énergie, ou simplement constate les prix à la pompe, cette connexion entre Gaza et son quotidien économique est réelle. La France importe la quasi-totalité de ses besoins en hydrocarbures. La situation est si critique que de multiple vols on été annulé du fait d’un manque de pétrole.
D’autre part, la guerre a relancé en Europe des discussions sur le réarmement qui a des conséquences directes sur les arbitrages budgétaires des États. En France, le budget des armées est passé de 40,9 milliards d’euros en 2023 à 57,1 milliards en 2026, dans le cadre de la « Loi de programmation militaire 2024-2030 »qui prévoit un effort total de 413 milliards sur sept ans.
Cela a pour conséquences un arbitrages défavorables sur les politiques concernent l’enseignement supérieur, le logement social ; les politiques d’emploi des jeunes. Chaque milliard supplémentaire utilisé pour la défense est un milliard qui n’ira pas ailleurs.